Animalingua. Discours, animalité et humanité
De l’anthropodéni aux anthropomorphèmes, les frontières linguistiques de l’humanité, par Catherine Ruchon

« La frontière entre humain et non humain est totalement irrationnelle » (Steven Wise)

Que les animaux soient privés du logos et du langage a été érigé en trait distinguant l’animal de l’humain. Or de nombreuses études montrent que les animaux ont un langage à leur disposition et peuvent acquérir des formes de langage spécifique. Pour exemple, cette primatologue, Mary Lee Jensvold qui a travaillé pendant plus de trente ans avec des chimpanzés recourant au langage des signes. La chimpanzée Tatu sait signer de nombreux mots, désignant autant des objets du monde (arbre, lait) que des notions plus abstraites comme les couleurs. Le cas de Tatu n’est pas unique, avant elle, Washoe est la première chimpanzée à avoir appris le langage des signes et à l’avoir enseigné à d’autres chimpanzés, en premier lieu son fils adoptif, Loulis (voir ici et ici).

Selon Frans de Waal, l’éthologue inventeur du concept de l’anthropodéni, les barrières séparant l’humain de l’animal sont toutes tombées. L’empathie par exemple.

Suite de l’article sur le site Hypoteses.org

ANIMALINGUA est un carnet de recherches qui veut ouvrir une réflexion linguistique et éthique sur la place de l’animal dans le discours et questionner la frontière entre humain et non humain.

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