Les philosophes ont longtemps pensé que les animaux n’étaient pas doués de langage. Qu’en est-il aujourd’hui? Alban Lemasson, éthologue et professeur à l’université de Rennes, s’est spécialisé dans l’étude du langage chez les singes. Il répond aux questions du Figaro.

[Extrait]: Peut-on donc comprendre le mot «langage» chez les animaux comme on l’entend chez l’humain?

Si l’on comprend par «langage» la capacité à «articuler, imiter, maîtriser une grammaire, créer de nouveaux messages à l’infini, parler du passé et de l’avenir»… On ne retrouve pas cette entité complexe chez l’animal.

Si l’on admet une définition plus souple, on pourra néanmoins trouver chez l’animal des propriétés dites langagières. Pour ma part, j’ai découvert l’existence de quatre propriétés langagières chez les singes. La première concerne «la capacité de ces animaux à copier la voix des autres». Mon étude porte sur la Mone de Campbell, qui forme des harems avec un mâle et plusieurs femelles. Les mâles et les femelles n’ont pas les mêmes répertoires vocaux. À l’âge adulte, ils divergent. Les femelles émettent ce que l’on appelle des «cris de contact». Elles font ça toute la journée: des petits cris qui leur servent à rester en contact et se déplacer ensemble dans la forêt. Au sein d’un groupe, les femelles se copient.

A lire sur le site du FIGARO

Share this Post